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Le Grand Livre de la Licorne - version 1.0

Le Grand Livre de la Licorne, version 1.0

Direction : Table des Matières

Introduction : Nous et une partie de mon histoire

Ce en quoi nous avons la foi vit en nous et fait partie de nous. Les symboles sont vivants en tant que symboles, et ont leur vie propre, vaquent à leurs affaires, jusqu’au jour où ils cesserons d’avoir du sens. Là, ils mourront. C’est ce que l’Humaine a dit.

Nous existons. De tout temps nous existons. Aussi vieilles que le ciel, aussi vieilles que la lune. Nous sommes la lueur et la pénombre. Nous sommes l’eau et la végétation. Nous sommes les rêves. Nous sommes la lune. Nous ne sommes visibles que par ceux qui nous cherchent et qui croient en nous. Nous vivons auprès de ces humains, invisibles, ineffables – mais bien présentes. Nous naissons tant bien que mal, vivons dans l’aura de ceux qui ont la foi, mourrons facilement. Moi personnellement j’avais dû prendre refuge dans le premier support venu où se trouvaient des licornes. C’était un DVD… Je sais que certaines de mes amies se baladent sur le Net à l’heure qu’il est… Revenons à moi.
J’ai été très agréablement surprise en constatent que la personne qui avait acheté le DVD en question était une fervente croyante en les licornes. Plus surprise encore lorsque j’ai reconnu une gamine que j’avais croisée près de 15 ans auparavant des les forêts Vosgiennes… Depuis je la suis partout. Je n’ai pas le choix. Nous autres licornes devons rester auprès de ceux qui croient en nous pour garder nos forces et rester en vie.
Nous sommes la lueur et la pénombre en même temps. Nous sommes la nuit mais pas les ténèbres. Nous sommes l’écume sur l’océan. Nous sommes les taches de soleil sur le sol de la forêt. Nous existons.

Je suis, j’existe. Je suis la lueur et la pénombre.
J’existe.
Je suis la robe blanche sur les sabots fendus. Je me noie dans les boucles de mes crins. Je suis la longue oreille, je suis les yeux immenses. Je suis la queue de lion jusqu’à la corne unique. Je suis la licorne.

Nous autres licornes ne sommes pas comme vous dites, vous les humains. Nous ne sommes pas des chevaux armés d’une corne unique. Notre silhouette est beaucoup plus fine. En fait, nous ressemblons plus à des gazelles qu’à des chevaux. Mais vos yeux ne voient que ce que vous voulez bien voir.
Avant que vous ne posiez la question, je vais y répondre. Non, notre corne n’est pas faite d’ivoire. Elle ne ressemble pas non plus aux cornes des autres créatures que la Terre porte. Il s’agit en fait de la projection palpable de notre volonté, de notre esprit. Il est impossible pour vous de vous en saisir : une fois qu’elle a quitté notre front, notre corne tombe en poussière. Quelques instants de concentration suffisent pour la faire repousser. Alors vous me demanderez quelle est son apparence, sa forme, sa couleur. Là encore, tout dépend de ce que vous voulez bien voir. Droite ou spiralée, cela dépend de l’humeur de l’individu qui la porte, mais pour la couleur… D’habitude vous la voyez terne, d’un blanc mat, comme éteinte. Parce que vous ne voyez pas l’aura de magie qui la baigne et lui donne diverses couleurs. Vous ne savez plus reconnaître ce que vous voyez.
Vous demanderez aussi quels sont mes pouvoirs. Alors les voilà, brisant certains mythes et renforçant d’autres. Je possède d’excellentes connaissances en médecine. Les plantes n’ont aucun secret pour moi. Avec l’énergie qui circule dans mon corps, je peux soigner à peu près n’importe quoi, pourvu qu’on me laisse m’y prendre à temps et que l’incrédulité de la personne que je dois soigner ne me coupe pas dans mon élan de générosité. Je puis également ramener à la vie un être mort, dans certaines limites d’état du corps. Impossible pour moi de ramener Toutankhamon, par exemple. Ou le chat écrasé par le voisin. Quoi d’autre ? Ah oui, ne provoquez par ma colère en vous attaquant à mon territoire – ou ce que je puis encore dignement appeler « territoire », vu que je suis virtuellement prisonnière de l’aura de foi de mon humaine, question de vie ou de mort. Une licorne en colère est bien plus effrayante que vos minables petits films d’horreur (encore que…). Provoquez-moi et je me dresserai sur mes pattes arrière en canalisant mon énergie dans ma corne. En retombant au sol, je libèrerai cette énergie sous la forme d’une onde de choc capable de couper un éléphant en deux (bon d’accord, je fanfaronne, je ne suis plus en ce moment assez puissante pour cela). Laissez-moi une aura suffisamment étendue pour galoper et bientôt mes sabots lanceront des éclairs énergétiques assommant tous les poursuivants.
Je suis la licorne, la terrible. J’existe.

Il fut une époque bénie… Tous les hommes avaient la foi et nous pouvions vivre jusque dans les endroits les plus éloignés de toute civilisation. Nous vivions seules ou en couples, les plus courageuses s’entourant d’une nuée de faons qu’elles élevaient dans l’amour, la sagesse, la connaissance, le respect et la force. Je me souviens…
Maman faisait pousser l’ambroisie qui rend immortel. Papa était consulté par les humains et il recevait toutes sortes de trésors, des histoires surtout, en échange de son aide. J’avais quinze frères et sœurs, tous plus sages les uns que les autres. Nous étions installés en Afrique, pour garantir les plus jeunes d’entre nous des rigueurs de l’hiver européen. Et les humains nous traitaient comme des dieux. Oh bien sûr de temps en temps il nous fallait nous cacher, nous tenir immobiles près de l’eau, déguisés par notre crinière en vapeur, en attendant que ces messieurs de l’Europe s’en retournent avec leurs idées bizarres de nous mettre en cage ou de nous couper notre corne. Mais même ceux-là avaient la foi.
Puis les humains découvrirent le narval, les accidentelles chèvres unicornes et d’autres choses encore. Ils cessèrent de croire en nous. Presque toute ma famille est morte à cause de ça. Maman ne fit plus pousser l’ambroisie par peur que les humains en mangent ou en plantent à leur tour dans leurs jardins. Et nous avons été séparés.
Depuis la survie est une affaire de tous les jours. Heureusement qu’avec l’Internet il nous est devenu facile de nous réfugier dans un site quelconque et de trouver un humain à suivre !

Alors s’il vous plaît, croyez en nous. Je ne vous demande pas d’être aussi excentrique que mon humaine, de collectionner des livres et des peluches, mais ayez la foi au fond du cœur. Pour pouvoir nous donner refuge, pour apprendre aux enfants à nous donner refuge, pour que nous puissions encore dire l’année prochaine, dans dix ans, dans vingt ans : « nous existons  ».

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Chapitre 1 : Mon histoire

 

Pour les curieux, voici mon histoire.
Du moins, ce que le temps et l'angoisse de disparaître à jamais n'a pas effacé de ma mémoire...

Je suis née il y a environs 350 ans. À force de craindre pour ma vie, j’ai perdu le compte des jours en calendrier « licorne ». Et vous autres humains, à force de ne pas uniformiser vos comptes, vous m’avez fait perdre les miens dans votre calendrier.

Je suis née en Afrique centrale, où j’ai grandit entourée en permanence d’une bonne quinzaine de frères et sœurs d’âges différents. Nous avions un territoire immense, qui recouvrait celui de plusieurs tribus humaines. Ces humains nous considéraient comme des dieux. Ils nous faisaient des offrandes, craignaient notre vue, espéraient les sages conseils de mon père.
C’est ma mère qui m’a élevée, car Papa avait trop à faire avec le territoire à protéger, les harpies à chasser, les humains à conseiller et à soigner. Il veillait aussi à l’équilibre de toute la faune et de toute la flore de la région. Je vivais grâce à lui dans une sorte de paradis.
Maman, je l’ai déjà dit dans le précédent chapitre, faisait pousser de l’ambroisie. Elle m’a appris à le faire, et aussi à me servir des plantes médicinales, à en cultiver d’étranges variétés et plein d’autres choses encore.
Bien entendu, il y avait ces quelques explorateurs européens un peu farfelus qui voulaient nous tuer, mais ils n’arrivaient pas à nous voir correctement et rentraient tous bredouilles. Cela m’amusait mais effrayait ma mère. Elle avait compris avant moi que bientôt nous serions invisibles aux yeux de tous, et que nous devrions ramper dans l’ombre des derniers humains qui croient en nous pour survivre.
Je n’étais pas inquiète. Nous étions grands, nous étions forts, nous avions tellement d’énergie que nous pouvions sans peine passer tout notre temps sous forme corporelle (ce qui pourtant nous demande beaucoup d’énergie).

Puis j’ai été assez mûre et savante pour la quitter. J’avais alors 236 ans et demi (j’y tiens, pour une fois que je me souviens d'un chiffre exact). J’ai décidé de voyager, et j’ai traversé le désert, la mer, tout le continent asiatique, et encore la mer. Je suis arrivée au Japon, le pays était beau, je m’y suis installée. Les gens là-bas m’appelaient Ki-Lin, ou quelque chose d’approchant.  Comme en Afrique, ils me faisaient des offrandes et des prières. Ils me cherchaient, juste pour avoir l’honneur de m’apercevoir.
C’est là que j’ai fait la connaissance de Keryo, un esprit-dragon de la pluie. Il devint rapidement mon meilleur ami. Nous partagions une bonne partie de nos territoires respectifs. Nous vivions en paix.

Un jour les humains ont commencé à se faire la guerre. Nous avons survécu ensemble, dans ce pays béni où le peuple nous faisait des offrandes et des prières. Et puis le temps a passé, les grand-mères sont mortes, les enfants se sont mis à jouer à des jeux vidéo et les parents n’avaient plus le temps de cultiver la foi qu’ils avaient dans les esprits « mineurs ». Je sentais mes pouvoirs qui s’amoindrissaient, mes forces qui me quittaient, ma forme qui se détériorait. J’ai couru très longtemps, poursuivant les faibles auras de foi qui émanaient des rares personnes à croire. De livre en dessin, de dessin en animé, partout où il y avait une étincelle de foi qu’une autre licorne n’habitait pas. Puis j’ai découvert Internet et je sus que j’étais sauvée. J’étais tellement amoindrie que je pouvais me faufiler partout et devenir à mon tour un signal électrique. Je me sentais condamnée à devenir et à rester un signal dans une banque de données, un virus baladeur, un e-mail, quelque chose dans ce genre-là.

Et j’ai rencontré mon humaine, une perle rare, un cœur étrange, et je me suis glissée hors de l’écran jusqu’à elle. Depuis je la suis, je n’ai plus besoin de courir, et je suis en sécurité pour quelques dizaines d’années.

Et après ? Je n’ose y penser…

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Chapitre 2 : La forme corporelle

Sous forme corporelle, une licorne possède plusieurs caractéristiques qui méritent d’être soulignées. Les voici, dans un article décrivant mon peuple de façon très exhaustive :

Description de l'animal

Les êtres humains sont incrédules. Lorsqu’ils croisent une licorne corporelle sous leurs latitudes, ils ne la voient pas ou la confondent avec une gazelle, une biche, un cheval, un âne ou un banc de brume. C’est pourquoi les explorateurs ont toujours situé la licorne dans des lieux lointains, mal connus.
La licorne est un animal globalement lié à la nuit, à l’eau, à la nature en gestation. C’est une créature étrange, en même temps très forte et très fragile. Sa robe est blanche et ses crins sont vaporeux. Elle a des pattes longues et fines, un cou très long également, de longues oreilles, une longue crinière et une longue queue. Sa tête est petite et fine, ses crins ondulés, ses sabots fourchus et minuscules. Sa corne, prenant naissance au-dessus de ses yeux, est indifféremment spiralée ou droite suivant la nature de l’énergie qui la forme (voir article « corne »). La couleur des sabots, de la corne et des crins varie, elle aussi, suivant l’énergie de l’animal.
La taille de la licorne augmente tout au long de sa vie, suivant la puissance énergétique qu’elle a acquise. Ainsi, une ancienne licorne peut atteindre la taille d’un cheval de carrosse (soit 2 m au garrot pour 1 tonne) alors qu’un faon de licorne est à la naissance rarement plus grand et plus lourd qu’un nouveau-né faon de biche (soit environs 90 cm au garrot).

Mode de vie de la Licorne

Les faons nouveau-nés sont très sensibles au froid. Si le faon s’aventure loin de sa mère par un temps hivernal, c’en est rapidement finit de lui. C’est pourquoi les mères se rendent dans des contrées chaudes pour élever leurs nouveaux-nés.
Les licornes ne sont pas craintives face aux humains et débordent de courage. Elles sont très fortes et se servent de cette force pour protéger leur progéniture, envers laquelle elles ont toutes sortes d’affections. Il n’est d’ailleurs pas rare de croiser un couple accompagné de nombreux petits, car ceux-ci ne quittent que rarement leurs parents avant l’âge adulte. Gare à celui qui ose s’en prendre à la forêt (le surnom que nous donnons au territoire sur lequel nous veillons) ou la descendance d’une licorne ! Car celles-ci sont redoutables lorsqu’elles sont en colère.

Lorsqu’un chasseur ou une autre créature redoutable poursuit une licorne, elle n’engage généralement pas tout de suite le combat. Sa nature douce la porte à fuir si cela ne met pas en danger sa progéniture. Elle se met donc à courir en battant puissamment le sol de ses sabots. Cela a pour effet d’activer la circulation des énergies dans son corps et peu à peu des boules d’énergie à peu près grandes comme sa tête jaillissent à chacun de ses pas. Celles-ci vont exploser sur le poursuivant pour l’assommer. Le cri de fuite de la licorne ressemble à un hennissement. Si le poursuivant insiste et que la licorne a suffisamment d’avance sur lui, elle s’arrête pile et se secoue. Cela a pour effet de déployer sa crinière qui en peu de temps la camoufle en banc de brume. Si cette ruse ne fonctionne pas, soit que le poursuivant de se laisse pas distancer, soit qu’il ne se laisse pas leurrer, la licorne se dresse sur ses pattes de derrière. Elle bat l’air de ses antérieures pour activer la circulation d’énergie et pousse son cri d’attaque, semblable à celui du zèbre, tout en concentrant sa puissance dans sa corne (ou dans son front si elle n’a pas donné de forme corporelle à sa corne). En retombant à quatre pattes elle projette cette énergie via sa corne (ou son front) en une puissante onde de choc. Cette onde de choc est capable de briser à peu près n’importe quoi, pourvu que la licorne soit suffisamment expérimentée. La seule chose qui puisse empêcher la licorne d’attaquer est un enclôt trop petit pour qu’elle puisse courir rapidement et trop bas de plafond pour qu’elle puisse se redresser. Même acculée, la licorne n’attaqueras au corps à corps qu’en dernier recours (c’est-à-dire si elle n’a plus assez d’énergie ou de place pour attaquer), redoutant la douleur et ne supportant pas la saleté.

La licorne n’a pas beaucoup d’ennemis. Rares sont ceux qui oseraient mettre à mal une aussi belle créature ou affronter sa fureur. La plupart des créatures de la forêt viennent quérir son savoir ancestral et sa protection. Parmi les rares créatures à oser s’opposer à une licorne se trouvent les humains ( et oui, vous êtes capables du meilleur comme du pire ! ) et les harpies. Je n’ai personnellement pas entendu parler d’une attaque proférée par une autre créature.

Le territoire

Le territoire d’une licorne contient toujours un plan d’eau ou une surface réfléchissante lui permettant de s’observer comme dans un miroir. C’est une sorte de petite manie chez les licornes ; se sachant être les plus belles créatures au monde, elles sont un peu vaniteuses.
Chaque licorne fait pousser dans le lieu qu’elle a choisit pour retraite un arbre à ambroisie. Il s’agit de la première chose que lui enseigne sa mère, avec la façon dont il faut nourrir cet arbre en recouvrant ses racines se ses propres déjections. Une source pure accompagne cet arbre, située assez loin de ses racines pour ne pas être souillée. Les oiseaux s’installent en grand nombre dans le voisinage de la licorne, afin de profiter de la source et des vertus de l’ambroisie.

Caractère et comportement de la Licorne, à l'état sauvage et en captivité

La licorne est docile, fidèle en amour (si je puis dire… Car, je le rappelle, l’amour comme le regret sont des sentiments qui nous sont inconnus) comme en amitié. Capturée (sous-entend qu’elle se trouve dans une cage bas de plafond aux barreaux de fer froid, ce qui l’empêche de se dématérialiser, à moins que vous n'ayez pu trouver la corde qui emprisonna le loup Fenris), elle s’attache à la personne qui s’occupe le mieux d’elle et exécute tous les ordres qu’elle reçoit de cette personne. Elle ne fait rien sans l’autorisation de celle-ci, à part s’échapper. Encore que les jeunes licornes capturées avant l’adolescence ne peuvent pas retourner à l’état sauvage, n’ayant pas reçut l’éducation nécessaire de leur mère.

Des personnes peu soucieuses du bien-être de la licorne qu’ils avaient capturée ont découvert qu’en battant l’animal il était possible d’en recevoir la fidélité en retour. Ce phénomène a une explication tout à fait rationnelle : la douleur et la saleté sont, avec le fer froid, les seules choses que craignent vraiment les licornes, au point de les faire paniquer. Personne n’a jamais pu seller une licorne pour la monter ou même lui passer un filet tant cet animal craint d’avoir la peau pincée dans les fermetures et d’autres choses encore (vous accepteriez, vous, qu’on vous mette une barre de métal dans la bouche ?).

La licorne sous forme corporelle craint la douleur plus que la mort, à un point tel qu’elle se laisse mourir de faim si ses lèvres lui font mal lorsqu’elle mange, à cause de gerçures par exemple. Malgré sa grande force et son courage, lorsqu’il s’agit de saleté (qui peut parfois être douloureuse pour elle (c’est psychologique)) ou de douleur, elle se révèle être une créature vulnérable à la santé fragile.
À l’état sauvage, sa mère lui enseigne à se soigner elle-même avec des plantes mystérieuses que ne connaissent pas les humains, et qu’elles refusent de leur dévoiler, même sous la torture. Elles n’utilisent pas ces plantes lorsqu’elles sont capturées. Les licornes capturées trop jeunes n’acquièrent même pas ce savoir. Quiconque possède une licorne en captivité sous forme corporelle doit souvent faire appel aux plantes médicinales afin de la garder en bonne santé.

La licorne possède très souvent (presque toujours en fait) en captivité un tempérament excentrique, ce malgré sa grande sagesse. Elle a tendance à se poser plus de questions que nécessaire. La moindre douleur la fait hurler d’effroi puis pleurer abondamment. De nombreuses histoires courent parmi les licornes, toutes plus effrayantes les unes que les autres. La licorne captive n’hésite pas à les raconter à la personne qui s’occupe d’elle dès qu’elle est un peu sale ou ressent une très légère démangeaison. Mais ses histoires de puces dévoreuses de licornes ne sont pas à prendre à la légère. Beaucoup de personnes s’occupant de licornes ont entendu leurs protégées faire tout un drame du moindre nœud dans la crinière, hurler aux parasites dès que leurs selles ne sont pas exactement comme d’habitude…
À l’état sauvage cette horreur de la douleur et de la saleté pousse la licorne vers l’étude des plantes médicinales et de l’emplacement des plus importants points d’eau. En captivité, cela peut rendre folle la personne qui s’occupe d’elle. Surtout quand on sait que la licorne possède un immense pouvoir d’autosuggestion (ou bio feedback). C'est-à-dire qu'il suffit qu’elle soit suffisamment persuadée d’être malade pour avoir de l’urticaire, de l’eczéma, diminuer sa puissance énergétique ou même la mener à la mort. Lorsque son autosuggestion fait effet, elle n’en a aucune connaissance.

Son caractère fait que la captivité affecte énormément la licorne.

Comme nous l’avons vu la licorne captive est incapable de se laver ou de se soigner correctement, mais ce n’est pas le seul changement que la captivité (ou du moins la présence humaine) effectue en elle. Dans la liste qui suit les changements sont opposés au comportement original suivant le schéma :
Licorne sauvage / Licorne captive

  • Se nourrit seule jusqu’à satiété, sans se gaver, et uniquement de l’ambroisie / Mange uniquement ce qu’on lui donne dans la main, et tout ce qu’on lui donne dans la main, même de la viande (bien que seule l’ambroisie soit adaptée à son alimentation) ; si rien ne lui est donné à manger de la main, elle se laisse mourir de faim (ce que des auteurs médiévaux ont d’ailleurs rapporté)
  • Va souvent se baigner dans l’un des nombreux points d’eau de sa forêt / Ne met pas un sabot dans l’eau sans autorisation
  • Tient la tête à tous les intrus sur son territoire, même les humains / Exécute docilement tous les ordres donnés par la personne qui, par ses bon soins ou ses mauvais traitements, a su gagner sa fidélité
  • Se soigne elle-même / Peut aller jusqu’à se laisser mourir si son moral n’est pas au top
  • Sécrète une huile qui garde ses crins constamment démêlés / Ne sécrète plus cette huile à cause du stress causé par l’intrusion d’un(e) humain(e) dans son espace vital
  • Est d’un tempérament doux, calme, posé / Est assez excentrique, nerveuse, presque hystérique
  • Les licornes sous forme astrale (ou éthérée, ou non corporelle) ne souffrent pas autant. Si vous hébergez une licorne, ne tentez pas de la faire passer de force sous forme corporelle, car alors elle serait plus vulnérable. Il fut un temps où nous pouvions sans crainte passer notre temps sous forme corporelle. À présent seule la forme éthérée nous permet de survivre, car nous manquons d’énergie et sommes entourées d’humains cupides tout le temps.

    Merci à mon humaine qui m’a aidée à mettre cet article sous une forme un tant soit peu « scientifique ».

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    Chapitre 3 : La forme éthérée

    Lorsqu’une licorne se dématérialise afin de passer sous forme éthérée, elle décondense l’énergie qui forme la matière dont elle est composée, libérant une très grande quantité d’énergie selon la sacro-sainte formule e=mc2(je crois, je n’ai pas vérifié, mais je n’en connais pas d’autres…), sans pour autant tout détruire autour d’elle : elle récupère la quasi-totalité de cette énergie et la met en réserve pour pourvoir se matérialiser à nouveau (je suis bien incapable de vous donner plus d’informations scientifiques ; tout comme la plupart des humains pleurent, marchent, pensent sans avoir besoin de savoir comment ces phénomènes fonctionnent, une licorne passe sous forme éthérée sans avoir à se poser de questions). Cette entité énergétique, consciente et pensante, ne peut guère interagir avec la matière et n’est visible qu’aux yeux de certains humains. Même dans ce cas-là, elle ne peut pas être prise en photo, car elle ne reflète pas les photons.

    Apparence de la Licorne Éthérée

    La licorne sous forme éthérée est donc constituée uniquement d’énergie, un peu comme un fantôme (je crois ; je n’en ai encore jamais croisé, peut-être ont-ils peur de moi, peut-être sont-ils d’une constitution différente qui les rend invisible à mes yeux…). Elle peut se glisser partout où l’énergie peut circuler, y compris dans le réseau Internet. C’est son seul moyen d’interagir avec la matière.
    Sous forme éthérée, la licorne est généralement invisible et imperceptible. Aux yeux de ceux qui peuvent voir les auras, elle apparaît comme une très puissante aura libre (c’est-à-dire comme une aura mais pas autour d’une personne). Aux yeux des gens un peu sensibles, comme une vague forme brillante ayant vaguement l’apparence d’une licorne. Une sorte de fantôme de licorne, quoi.
    Pour vivre sous forme éthérée, la licorne n’a besoin que de l’aura de foi qui émane des humains : elle leur donne de l’énergie. Mais une aura d’incrédulité au contraire vampirise son énergie vitale et peut la tuer.

    Signes de la présence d’une Licorne Éthérée

    La présence d’une licorne éthérée affecte généralement son entourage, dans des proportions variant avec la quantité d’énergie dont dispose ladite licorne :

    La liste suivante est ordonnée de la façon suivante : La licorne dispose d’assez d’énergie pour… / Il se passe…

  • Vivre mais pas se matérialiser / Les gens les plus sensibles ressentent sa présence, les réseaux sans fils sont très légèrement perturbés (friture sur la ligne à intermittence)
  • Se matérialiser avec 90 cm au garrot / La plupart des personnes sont mal à l’aise, les réseaux sans fils peu puissants ne fonctionnent pas (comme des talkies-walkies faible portée), les autres rament un peu ou sont quelque peu brouillés (coupures et friture à intermittence)
  • Se matérialiser avec une taille correcte (entre 1m et 1,20m au garrot) / Tout le monde est mal à l’aise, seuls les plus puissants émetteurs passent sans être brouillés (téléphone par satellite…), les appareils électriques fonctionnent mal et peuvent s’arrêter quelques instants
  • Se matérialiser avec une taille imposante (1,20 à 1,50m au garrot) / Le malaise ressentit rend vraiment nerveux, les émetteurs ne fonctionnent plus, Internet par un fil rame bien que la bande passante soit importante, les appareils électriques fonctionnent vraiment très mal (coupures fréquentes de plus d’une dizaine de secondes)
  • Se matérialiser avec une taille très imposante (de 1,50 à 2m au garrot, peut-être plus) / Toutes les personnes ressentent un malaise inexplicable très important voire effrayant, les animaux se tiennent éloignés de la zone où se situe la licorne, tout appareil électrique ou électronique cesse progressivement de fonctionner (cela prend moins d’une minute) et refuse de redémarrer, impossible de se connecter à Internet (logique, puisque l’ordinateur ne fonctionne plus…)
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    Chapitre 4 : La corne de la licorne

    Voici quelques explications encore plus exhaustives sur la nature de la corne que chaque licorne porte sur son front, au niveau du chakra du troisième œil.

    Je l’ai déjà dit, notre corne est la projection corporelle et palpable de notre volonté. Je vais mieux m’expliquer.
    Lorsque nous voulons faire quelque chose qui demande l’utilisation d’énergies en-dehors de nous-mêmes, nous projetons notre volonté hors de nous en nous concentrant sur le centre énergétique qui, chez les humains, se situe au milieu du front. Cette énergie n’est pas visible aux yeux de tous les humains. Ceux qui ont la capacité de voir les auras aperçoivent alors un grand trait lumineux jaillir vaguement de notre front.
    Les plus puissantes parmi nous peuvent se permettre le luxe de « gaspiller » de l’énergie en projetant sans cesse leur volonté hors d’elles-mêmes.
    En dépensant un peu plus d’énergie, nous pouvons nous donner le luxe de conférer une forme corporelle à notre corne. C’est dans ses moments-là, quand nous avons tellement d’énergie à notre disposition que nous pouvons la dépenser sans compter, que nous ressemblons le plus à la vision que vous gardez de la licorne des tapisseries.
    Mais quiconque a la capacité de voir les auras verra les couleurs chatoyantes dont nous sommes entourées. Autrement… Nous resterons les pures cavales blanches que vous espérez tant.

    La corne d’une licorne ne peut pas lui être dérobée. Personne ne peut se vanter d’en posséder une, hormis la licorne elle-même. Et en aucun cas la corne de licorne ne peut être utilisée comme contrepoison, gobelet, aphrodisiaque ou je ne sais quoi encore. Le pouvoir réside dans la licorne, pas dans sa corne. Ce n’est pas la main du médecin qui guérit, c’est son savoir et son pouvoir personnel. Privé de ses mains, il reste (théoriquement) un médecin compétent. Et de la main de médecin réduite en poudre n’a jamais soigné personne. C’est la même chose avec la corne de licorne. Elle n’est qu’un focaliseur. Elle n’a aucune valeur en elle-même. Le pouvoir réside dans la licorne, pas dans sa corne.

    Bien sûr, vous pourrez trouver des défenses de narval vendues comme cornes de licornes. Mais tout cela n’est que mensonge et ignorance. Si vous voulez trouver une corne de licorne, cherchez la licorne et regardez son front. Il n’y a aucun autre lieu où vous pourrez trouver une corne de licorne.

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    Chapitre 5 : La reproduction

    Beaucoup d’humains se posent la question sans vraiment oser la poser à quelqu’un. Je préfère y répondre moi-même, avant d’entendre toutes sortes se stupidités à mon sujet.
    Je vais vous dévoiler le secret de la séduction et de la reproduction chez les licornes. Dans un vocabulaire « soft » et clair, bien entendu.

    Avant de pouvoir avoir des faons, mâles et femelles licornes doivent se séduire…

    Commençons plutôt par un commencement plus approprié.

    Différence des sexes chez les licornes

    Chez les licornes, ce qui différencie les mâles des femelles, c’est moins leur apparence et leur constitution physique que l’énergie qu’ils utilisent. Les licornes représentent l'énergie Yin, mais cela ne signifie pas qu'il s'agit de leur énergie de base.
    Les mâles usent des énergies « Yang », tournées vers la chaleur, la destruction, la lumière, l’action, le soleil. Les femelles sont plutôt « Yin », tournées vers l’obscurité, le froid, la nuit, la création, la passivité, la terre.

    Nous autres licornes ne naissons pas « Yin » (femelle) ou « Yang » (mâle). Nous le devenons. Ce n’est pas une question de génétique, c’est une question d’affinités. Car ces grands types d’énergie vont déterminer notre comportement futur, donc notre place au sein du couple. Une licorne ne devient adulte que lorsqu’elle s’est définitivement attachée à un de ces grands types d’énergie, au point que l’autre lui est désormais inaccessible.
    Mais cela ne signifie pas qu’un mâle va tout détruire sur son passage et qu’une femelle sera incapable de se défendre ! Ce sont des affinités avant tout.

    Mettons-nous en couple

    Lorsqu’une licorne est adulte, elle va tout d’abord se chercher un territoire et s’exercer à le protéger de toute intrusion. Ce n’est que lorsqu’elle a acquis suffisamment d’expérience dans ce domaine qu’elle cherche une autre licorne avec laquelle vivre.
    Bien entendu, il arrive que deux licornes « Yin » ou deux licornes « Yang » décident de vivre ensemble. Ce n’est pas interdit. Mais elles ne pourront pas avoir d’enfants.
    Ce genre d’associations n’a rien à voir avec l’homosexualité humaine. Cela ressemble plus a de la colocation (plusieurs humains, qui n’ont entre eux que des relations amicales, ou aucune relation à la base, s’installent dans le même appartement et se partagent les frais).
    Lorsqu’une licorne « Yang » et une licorne « Yin » s’installent ensemble, ce n’est pas forcément pour des raisons de reproduction. À la base, c’est bien souvent de la « colocation » de territoire. Le sentiment amoureux (enfin, ce n'est pas vraiment ça, mais l'humaine dit que c'est ce qu'il y a de mieux à marquer ici...) ne vient qu’après, par cette simple loi naturelle qui fait que les contraires t’attirent, surtout en matière d’énergie.

    La parade

    La parade amoureuse est indifféremment engagée par le mâle ou la femelle. La manœuvre d’approche varie beaucoup suivant les individus, un peu comme le chant des baleines. Elle est invariablement composée de deux phases :

  • un exposé artistique sur l’amour (chants, danses, poèmes, étalements d’aura, …) (L’« étalement d’aura » correspond à vos peintures et gravures, mais dans le domaine de l’énergie et des sentiments (En fait c'est un peu plus compliqué que ça...).) ;
  • des caresses du museau sur le dos et la croupe.
  • À ce stade, la licorne qui est approchée n’est pas obligée de s’accoupler, mais elle a le devoir de répondre à l’autre en lui indiquant la nature de ses sentiments (Si je puis parler ainsi. J’ai beau dire « C’est beau l’amour ! », j’ignore ce sentiment, comme toute licorne qui se respecte. L’amitié, le désir, tout ça je connais. Mais l’amour et le regret sont inaccessibles à mon peuple.). Si la relation est engagée, les deux licornes forment un couple et la licorne « Yang » protégera seule le territoire, tandis que la licorne « Yin » veillera à son équilibre et à son bon fonctionnement. Pour vous, les humains, cela correspondrait au fait de « sortir ensemble ».

    Accouplement et naissance du faon de licorne

    L’accouplement a lieu lorsque la licorne « Yang » est prête à assurer toutes les charges du territoire et que la licorne « Yin » possède suffisamment d’énergie en elle pour donner naissance à un faon sous forme corporelle. Alors les deux licornes se frottent et se caressent, passent sous forme énergétique (ou astrale, ou éthérée, le vocabulaire importe peu) et se mélangent. Cela peut durer quelques minutes ou bien des heures, suivant les couples. Lorsque les deux esprits se séparent, la licorne « Yang » laisse un peu de sa propre énergie à la licorne « Yin ».

    C’est la fusion des deux principes énergétiques opposés, « Yin » et « Yang », qui permet la conception d’un faon de licorne. La mère le portera en elle durant un temps indéterminé, lui conférant de sa propre énergie afin qu’il puisse naître avec une forme corporelle d’au moins 90 cm au garrot.

    Lorsque la licorne « Yin » estime que son faon est assez fort, elle se sépare de lui en passant sous forme éthérée un court instant. Le faon nouveau-né est constitué mi-partie d’énergies Yin, mi-partie d’énergies Yang. Il restera sous la protection de son père et sous l’enseignement de sa mère jusqu’à ce qu’il se soit décidé pour l’une des deux formes d’énergies qui l’habitent. L’énergie choisie grandira alors au fur et à mesure que l’autre s’amenuisera, jusqu’à ce que l’énergie dominante soit la seule à le composer. À ce stade, le faon de licorne a généralement apprit tout ce que sa mère savait et peut quitter le territoire de ses parents.

    C’est beau, la vie…

    Maman devait être bien forte pour avoir constamment autour d’elle une bonne quinzaine de faons. Car cela peut être dangereux pour une femelle de donner naissance. Tout comme les humaines meurent parfois en couches, les licornes qui ne possèdent pas assez d’énergie pour elles-mêmes et qui s’obstinent pourtant à faire grandir un faon en elles peuvent bien se retrouver, le jour de la naissance de leur rejeton, diminuées à la taille de celui-ci, ou même à un point où elles ne peuvent plus passer sous forme corporelle. Pas très pratique pour lui enseigner le respect de ses parents…

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    Chapitre 6 : L'aura

    Définition

    L’aura est la résonance visible de l’énergie qui entoure chaque être vivant. Si l’être possède une grande force, l’aura est très brillante, très étendue. Mais si l’être est faible, l’aura devient terne et fine. Lorsqu’une créature n’a plus aucune trace d’aura autour d’elle, elle est considérée comme définitivement morte et ne peut plus être ramenée à la vie, même par une puissante licorne.

    Les couleurs de l’aura d’une licorne

    La couleur de l’aura révèle les aspirations de l’être dont elle provient. Elle est le signe de l’humeur de la licorne aux yeux de quiconque arrive à voir la ou les couleur(s) de sa corne et de ses sabots.

    Le rouge est la couleur principale des licornes Yang lorsqu’elles passent en revue les frontières de leur territoire, indiquant qu’elle est prête à se battre à tout moment de façon passionnée et furieuse.
    Attention si la corne de la licorne que vous croisez brille d’un rouge foncé : elle est très en colère et taillera en pièces tout ce qui passe à sa portée.
    Les licornes à la corne brun-rouge utiliseront une aura de peur en plus de leur onde de choc. Cette couleur est très foncée et est souvent confondue avec du noir.
    Le noir n’est presque jamais, à ma connaissance, représenté chez les licornes ; il signe la méchanceté, si j’ai bonne mémoire, et aucune licorne ne peut être vraiment méchante au point d’avoir la corne noire. Si néanmoins cela se produit, la licorne noire est, par sa couleur, placée sous le sceau des Licornes Déchues et comptée parmi les démons de ce monde. Jusqu’à présent, on compte les licornes noires avérées sur les sabots de deux pattes et celles en phase de le devenir sur les sabots de deux licornes.
    Note sur l’aura noire : Ce n’est pas parce qu’une licorne est en phase de devenir une Licorne Déchue qu’elle le deviendra. C’est un fait très rare, l’aura noire ne persistant pas plus de quelques années, la nature basique de la Licorne reprenant vite le dessus.
    Les licornes Yin qui sont en train de s’occuper de leur progéniture voient leur corne briller d’un rouge rosé, qui prouve leur attachement à leur progéniture.
    Lorsqu’une licorne Yang entame la parade amoureuse (la licorne Yin est trop « passive » pour cela), sa corne brille également de rouge. Je crois me souvenir qu’elle contient aussi des reflets jaunes, exprimant le désir.
    Les licornes sont souvent représentées avec la corne dorée ; en fait il s’agit soit d’un orange clair, signe de vitalité, soit du jaune brillant des intellectuels.
    Par contre, méfiez-vous si la corne de la licorne vire au jaune boueux : elle vous prépare un tour assez rusé afin de se débarrasser de vous…
    La licorne qui va se servir de ses pouvoirs de guérison luit soudain d’une aura vert émeraude. Cette aura est très présente autour des licornes Yin, favorisé par leur sentimentalité, ce qui peut les aider à de camoufler dans la nature (mais comme les humains ont presque complètement perdu leurs capacités à percevoir l’aura, cela ne sert plus à grand-chose…).
    Les licornes qui vivent encore à l’état sauvage luisent de vert clair quand elles n’ont aucun souci en tête, trahissant leur affinité avec la nature.
    Les faons de licornes, lorsqu’ils tentent de mentir à leur mère, luisent d’un vert boueux ; s’ils sont jaloux de l’attention que leur mère porte à l’un d’entre eux, ce vert vire au brunâtre.
    La corne d’une licorne qui cherche à vous comprendre sera bleue, de même se elle cherche à vous montrer des chemins plus élevés ou à avoir une intuition pour votre avenir.
    Seules les plus anciennes et les plus sages licornes peuvent prétendre à une aura violette. Elle indique leur noblesse d’âme et leur spiritualité élevée (attention, j’ai dit spiritualité, pas religion ; ce n’est pas la même chose).
    Les plus compatissantes parmi les plus anciennes licornes ont une aura plus lilas que violet.
    Note sur l’aura violette : L’aura violette se développe lentement. Elle apparaît d’abord au bout de la corne, puis descend sur la licorne au fur et à mesure que celle-ci avancera dans sa vie spirituelle. - Je n’ai malheureusement pour moi pas la moindre étincelle de violet ou de lilas en moi… Je suis trop jeune…
    Les licornes à aura blanche se comptent sur les sabots d’une seule licorne. Cette couleur indique l’Illumination. Généralement, les licornes qui atteignent l’Illumination (ou Satori pour les humains bouddhistes) ne restent dans ce monde que le temps d’enseigner à quelques élèves le chemin pour y parvenir. Après, elles disparaissent et plus personne ne les revoit. Il existe beaucoup d’histoires à leur sujet et aucune ne semble expliquer vraiment où elles vont...

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    Chapitre 7 : Héberger une licorne

    À présent, je vais vous indiquer quelques détails qui peuvent vous permettre de savoir si vous hébergez ou non une licorne.
    Lorsque j’écris « héberger une licorne », j’entend par là que la petite étincelle de foi que vous avez dans les licornes a peut-être permis à l’une d’entre nous de venir se réfugier auprès de vous.

    Tout d’abord, les personnes qui sont persuadées que les licornes sont des créatures imaginaires tout droit sorties de l’imagination des anciens Grecs et Romains, de la boutique d’un apothicaire peu scrupuleux, du blason de l’Ecosse ou d’un texte poétique n’ont aucune chance de donner un jour refuge à une licorne.
    Par contre les personnes qui, même sans y croire vraiment, espèrent en secret ; les jeunes enfants que tout étonne et qui ont la force de croire en tout ce qu’ils voient ; les solitaires, les rêveurs, les poètes ; ceux-là sont les dernières bouées de secours de mon peuple.

    Si presque jamais vous ne vous sentez seul(e) ; si vous avez l’impression de sentir sans cesse auprès de vous une présence effrayée, craintive, mais douce en même temps ; si vous vous prenez à rechercher des sites, des livres… sur les licornes alors que rien ne vous poussait à le faire, alors il y a une chance pour que l’une de mes sœurs se soit réfugiée auprès de vous.

    D’autres indices peuvent vous mettre la puce à l’oreille (attention, rien n’est certain et certaines personnes rassemblant toutes les caractéristiques suivantes peuvent très bien malgré tout n’héberger aucune licorne) :

  • les enfants vous fixent du regard quand vous passez dans la rue, même s’ils ne vous connaissent pas ;
  • les gens autour de vous se sentent souvent mal à l’aise en votre présence ;
  • on vous qualifie de différent(e) sans que vous soyez pour autant original(e) dans votre façon de vous habiller ou de vous comporter ;
  • vous être toujours là quand une personne est triste, et c’est vous qu’on vient voir dans les moments désespérés ;
  • d’autres choses encore que je n’ai pas encore repérées sur mon humaine (si vous constatez un phénomène qui à votre avis pourrait avoir un rapport avec les licornes, ajoutez-le en commentaire ou envoyez un message à l’humaine)
  • Si vous croyez aux licornes, mais que pourtant vous ne sentez rien, continuez de croire. Un jour peut-être cette présence se manifestera à vous, et alors vous saurez pourquoi vous vous sentiez observé(e).

    Bien entendu, ceux qui s’attachent à la tradition me rétorqueront que les licornes ne se laissent approcher que par des femmes vierges. À notre époque où survivre nous est si difficile, nous ne pouvons pas nous permettre d’y regarder si près. Le simple fait de ne pas avoir à bondir d’enfant en enfant, jour après jour, est pour moi un luxe.

    « Credendo vides : peut-être pourras-tu voir, si tu y crois. »

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    Chapitre 8 : La symbolique de la licorne

    La Licorne

    La licorne médiévale est un symbole de puissance, qu’exprime essentiellement la corne*, mais aussi de faste et de pureté.
    La licorne symbolise aussi, avec sa corne unique au milieu du front, flèche spirituelle, rayon solaire, épée de Dieu, la pénétration du divin dans la créature. Elle représente dans l’iconographie chrétienne la Vierge fécondée par l’Esprit Saint. Cette corne unique peut symboliser une étape sur la voie de la différentiation : de la création biologique (sexualité) au développement psychique (unité a-sexuelle) et à la sublimation sexuelle. Cette corne unique a été comparée à une verge frontale, à un phallus psychique : le symbole de la fécondité spirituelle. Aussi est-elle, en même temps, le symbole de la virginité* physique. Des alchimistes voyaient dans la licorne une image de l’hermaphrodite ; il semble que ce soit un contresens : au lieu de réunir la double sexualité, la licorne transcende la sexualité. Elle était devenue au Moyen âge le symbole de l’incarnation du Verbe de Dieu dans le sein de la Vierge Marie.
    Sur de nombreuses oeuvres d’art, sculptées ou peintes, figurent deux licornes affrontées, qui semblent se livrer un farouche combat. On y verrait l’image d’un violent conflit intérieur entre les deux valeurs que symbolise la licorne : sauvegarde de la virginité (la corne unique levée vers le ciel), fécondité (sens phallique de la corne). L’enfantement sans la défloration, tel pourrait être le désir, contradictoire sur le plan charnel, qui s’exprime par l’image de deux licornes affrontées. Le conflit n’est surmonté, la licorne n’est féconde et apaisée, qu’au niveau des relations spirituelles.
    En Chine, le nom de la licorne, Ki lin, signifie yin-yang.

    Note d’Amalthéa : la licorne chinoise n’a pas du tout les mêmes origines que la licorne occidentale.

    La Corne

    La corne a le sens d’éminence, d’élévation. Son symbolisme est celui de la puissance. C’est d’ailleurs, d’une façon générale, celui des animaux qui la portent.
    Si la corne relève le plus souvent d’un symbolisme lunaire, et donc féminin (corne du taureau), elle peut aussi devenir un vecteur symbolique solaire et mâle (corne du bélier). C’est ce qui explique qu’elle apparaisse souvent comme un symbole de la puissance virile.
    Marie Bonaparte note qu’en hébreu queren signifie à la fois corne, puissance, force ; de même en sanscrit linga et en latin cornu. La corne non seulement par sa force est suggestive de puissance, mais par sa fonction naturelle est image de l’arme puissante (en argot italien, le pénis s’appelle corno).
    Dans les traditions juives et chrétiennes aussi, la corne symbolise la force et possède le sens de rayon de lumière, d’éclair.

    La virginité

    L’état virginal signifie le non-manifesté, le non révélé.
    On dira aussi que l’âme est vierge, quand elle est vide ; elle devient vierge, prète à recevoir la semence divine, au sens où Angélus Silesius écrit dans Le Pèlerin Chérubinique : l’âme qui ne sait rien, ne veut rien… doit être aujourd’hui épouse de l’Epoux éternel. Selon Maître Eckhart, l’âme vierge signifie l’âme libre de toutes les images étrangères, aussi disponible qu’avant la naissance.

    D’après le Dictionnaire des symboles de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, éditions Robert Laffont

    Ce qu’en dit Bruno Faidutti (mon héros !) (Cliquez ici pour lire sa thèse)

    La vierge et la licorne

    Voici l’interprétation que faisait le bestiaire picard de la capture de la licorne : « De la même manière Notre-Seigneur Jésus-Christ, licorne céleste, descendit dans le sein de la Vierge, et à cause de cette chair qu’il avait revêtue pour nous. Il fut prit par les Juifs et conduit devant Pilate, présenté à Hérode et puis crucifié sur la Sainte Croix, qui lui auparavant se trouvait auprès de son Père, invisible à nos yeux. Voilà pourquoi il dit lui-même dans les Psaumes : « Ma corne sera élevée comme celle de l’unicorne ». On a dit ici que la licorne possède une seule corne au milieu du front : c’est là le symbole de ce que le Sauveur a dit : « Mon père et moi, nous sommes un ; Dieu est le chef du Christ ». Le fait que la bête est cruelle signifie que ni les Puissances, ni les Dominations, ni l’Enfer ne peuvent comprendre la puissance de Dieu. Si l’on a dit ici que la licorne est petite, il faut comprendre que Jésus Christ s’humilia pour nous par l’incarnation ; à ce propos il a dit lui-même « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur », et David dit que celui qui accomplira les bonnes œuvres, il sera conduit au palais royal, c’est-à-dire au Paradis. »

    Bestiaire toscan, daté de 1468 : « la licorne symbolise les hommes violents et cruels auxquels rien ne peut résister, mais qui peuvent être vaincus et convertis par le pouvoir de Dieu. »

    Dans un scène où une licorne (à l’origine peut-être un rhinocéros) poursuivait un héros pour le précipiter dans l’abîme, « la licorne est la figure de la mort, qui poursuit l’homme sans cesse et aspire à le prendre ».

    Le miniaturiste italien d’une Vita Antonii (la vie de Saint-Antoine) de la fin de XIVème siècle jugea (comme plus tard Gustave Flaubert) que la licorne pouvait faire partie des chimère de la Tentation, figurant la luxure.

    En 1491, dans une édition florentine de la Fior di Virtu, traité des vertus et des vices, est écrit « L’intempérance peut être comparée à la licorne. C’est un animal qui a un tel goût des jeunes filles que, lorsqu’il en voit une, il va vers elle et s’endort dans ses bras. »

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    Chapitre 9 : La forme humaine

    Comment vivrais-je sous forme humaine ? est une question que je me suis souvent posée. Je vais tenter d’y répondre, pour vous comme pour moi.
    Pour commencer, je crois que je travaillerais dans le social, dans l’environnement ou en tant que garde forestière, parce qu’en tant que licorne j’aime la nature, et aussi porter secours aux autres.
    Je pense que j’aimerais vivre dans un appartement pas très grand aux murs écrus, avec des photos dans des cadres que je changerais au gré de mes envies. Et puis il y aura aussi des livres partout, qui parleraient de licornes, mais aussi de poésie, et des documentaires. Je n’aurais pas la télévision, c’est trop moderne pour moi. Par contre, j’apprécierais avoir un ordinateur pour moi toute seule. C’est paradoxal, n’est-ce pas ?
    Je n’aurais des vêtements qu’en coton, en lin ou autres fibres naturelles, mais aucune veste de fourrure. J’aime la nature, mais je ne veux pas faire de mal aux animaux. Pour des raisons similaires, je ne mangerais que du bio et pas de viande. J’aimerais vraiment goûter des pousses de soja…
    Si jamais je tombe malade, j’aurais recours à des méthodes de médecine chinoise et aux vertus des plantes.

    Que dire d’autre ? (Quand je pense qu’après toutes mes réflexions j’en arrive seulement , ça me frustre.)

    Ah oui, et je n’oublierais pas d’aménager une chambre pour que mon humaine de compagnie vienne vivre avec moi !

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    Chapitre 10 : Le nom Amalthea

    Amalthea est un nom qui a une longue histoire. Celle-ci remonte à l’Antiquité et s’étend dans l’espace sur des milliers de kilomètres…

    Amalthea (ou Amalthée) fut le nom de la nourrice de Zeus, roi des dieux chez les Grecs.
    Selon une première version, c’était une nymphe, celle du Mont Ida, qui éleva le divin enfant avec du lait de chèvre. Lorsque celui-ci fut assez grand pour détrôner son père Chronos (le Temps, qui avait dévoré toute sa progéniture, à l’exception de Zeus) il donna à Amalthée une corne de chèvre toujours pleine de fruits et de fleurs : la Corne d’Abondance.
    Selon une autre version, Amalthée était elle-même chèvre.
    D’autres disent que la corne d’abondance est tombée du front d’Amalthée, ce qui explique le lien entre ce nom et les licornes (voir plus loin).

    Lorsque la 5ième lune du système interne de Jupiter (Zeus chez les romains) fut découverte, elle fut nommée Amalthea en hommage au mythe grec.

    Chez Peter S. Beagle, le nom Amalthea est lié à la dernière licorne.
    Afin de permettre à la licorne d’échapper au Taureau de Feu, le magicien Schmendrick transforme la licorne en jeune fille. Il lui donne pour nom Dame Amalthea, certainement à cause de la légende de la corne d’abondance.
    Sous forme humaine, la licorne a la peau blanche, les cheveux très légèrement argentés et de grands yeux de licorne. Elle porte sur le front une marque plus foncée en forme de fleur, qui disparaît lorsqu’elle devient complètement humaine. Elle tombe peu à peu amoureuse du Prince Lir, devenant la première licorne à connaître ce sentiment.

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    Chapitre 11 : La licorne en vrai

    L’autre jour, la première fois que mon humaine m’a aperçue… Il faut que je vous le raconte… Elle était interloquée, car en tant que scientifique, le portrait qu’elle avait dressé de moi était vraiment très différent de ma nature éthérée. Le voici, à peu de choses près.

    « Les licornes sont de petites créatures ressemblant au cheval primitif Mésohippus. De la taille d’un chien, elles ont les pattes fines et une queue comme un sanglier. Leur tête est massive et leur crinière est courte. Elles possèdent des pieds pouvant sembler ceux d’un éléphant, car ils portent encore trois sabots en non un seul comme les chevaux actuels. Leur robe est brune, un peu rayée et un peu tachetée en même temps. Sur leur front, les poils du toupet se sont agglomérés pour former une corne semblable à celle du rhinocéros. Leur instinct est très développé. Les licornes savent, à l’instar des chimpanzés, des éléphants et d’autres animaux encore, quelles plantes manger lorsqu’elles sont malades. Elles possèdent également une empathie stupéfiante, presque de la télépathie, comme les dauphins et les chats. Elles lisent dans les cœurs grâce à leur instinct.
    Il serait très probable que la longueur de leur robe s’adapte au climat sous lequel elles vivent, étant plus épais en montagne, presque laineux, et ras dans les contrées plus chaudes. D’où la description de la licorne tantôt comme une chèvre, tantôt comme un cheval. »

    Enfin une licorne qui contente les scientifiques… Peut-être qu’une lointaine cousine se montrera un jour sous cette apparence et que, faute de trouver des gens qui aient foi en nous, nous trouverons des cryptozoologues prêts à nous ajouter à la longue liste des animaux soi-disant légendaires mais bien réels (comme les calamars géants des profondeurs…).

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    Appendice 1 : Description des allures

    Il est une façon simple de différencier une licorne d’un cheval ou même d’une gazelle : sa façon de marcher.
    La licorne va rarement au pas (= déplacer un seul pied à la fois). C’est une allure qu’elle a très lente, un peu comme si elle broutait en même temps. Elle prend cette allure lorsqu’elle est plongée dans ses pensées, ou qu’elle tend l’oreille aux bruits alentour tout en humant l’air. Le cheval utilise aussi cette allure pour se déplacer d’un point à un autre sans se presser, alors que la licorne dans cette situation va à l’amble (= elle déplace les deux pattes du même côté en même temps, comme les girafes). Certains chevaux vont aussi à l’amble, mais plus rarement. Lorsque la licorne veut de déplacer plus vite qu’à l’amble, parce qu’elle est pressée ou joyeuse, elle trotte (= déplace les pattes diagonalement opposées tout en sautillant). Le cheval trotte en levant les pattes et en faisant de grands pas, et peut maintenir cette allure jusqu’à une certaine vitesse. La licorne trotte bas et court, et ne peut pas aller aussi vite qu’un cheval de cette manière. Il ne me semble pas que les gazelles trottent.
    À l’instar du cheval, la licorne utilise le galop pour courir. Elle ne peut pas aller plus vite de cette manière qu’un cheval entraîné à la course au trot. Le galop du cheval est fluide, alors que celui de la licorne est plus nerveux. Ses enjambées sont plus petites, donc pour une même vitesse des pattes bougeront plus vite. J’ignore si les gazelles galopent. Par contre, la licorne possède une allure que n’a pas le cheval, mais que possèdent les gazelles : lorsque l’urgence est nécessaire, la licorne bondit. C’est son allure la plus rapide, grâce à laquelle elle fait de très grandes et très rapides enjambées. Même un guépard ne peut alors pas la rattraper.

    Moralité : Dis-moi comment tu cours et je te dirai qui tu es.

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    Appendice 2 : Allures et humeur

    Le pas trahit une certaine hésitation, de la fatigue ou de profondes réflexions. L’amble est la marque d’une forte volonté. C’est une démarche très assurée, pouvant être traduite parfois par la prise d’une décision importante. Le trot est une allure très joyeuse, souvent la marque d’une bonne nouvelle, que ce soit l’arrivée d’une « colocataire » sur le territoire de la licorne, la naissance d’une portée de lapins ou simplement une météo agréable pour la saison. Le galop est la trace d’un départ en voyage, d’une certaine urgence, voire même d’une inquiétude quelconque (quand un animal a été blessé et qu’elle va le soigner, par exemple). Enfin les sauts de gazelle sont utilisés dans la panique, pour les affaires qui ne peuvent pas attendre, la fuite devant un danger effroyable.

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    Appendice 3 : Licorne et cheval, un lien

    D’après la thèse de Bruno Faidutti

    Premières licornes

    Les premières licornes, décrites par Ctésias, étaient des ânes cornus. Mais bien vite le monde médiéval fit apparaître tout un cortège de licornes aussi différentes les unes des autres qu’un caniche l’est d’un saint-bernard.
    Le Livre des propriétés des choses de Barthélemy l’Anglais (XIIIème siècle) ne dénombrait pas moins de 3 espèces différentes, dont une équine, le monocéros de Pline.
    C’est vraisemblablement de Pline que proviendrait la licorne équine du cinéma (Legend, Nico la licorne…). Mais voyons plutôt la suite.

    Les licornes médiévales étaient de toutes les tailles, formes et couleurs possibles, et aucune n’était vraiment très équine.

    L’animal prend sens et corps

    Ce sont les artistes en grande majorité qui ont, à-travers peintures, tapisseries et héraldique, véhiculé l’image de la licorne « moderne ». Cela s’explique non pas par les récits des voyageurs, qui décrivent une licorne brune, parfois noire, plutôt caprine, mais par sa signification symbolique et allégorique.

    La licorne héraldique

    C’est entre le XVème et le XVIIème siècle que la licorne des blasons acquit sa silhouette de cheval, à peine adoucie par une petite barbichette. Par là, elle signifiait les vertus chevaleresques.

    Au pays de la tapisserie

    Si on jette un regard à la série La Dame la licorne, on remarque que sur certains panneaux, la licorne est équine alors qu’elle est caprine sur d’autres. Comme quoi la licorne hollywoodienne ne s’était pas encore installée dans tous les esprits ! Mais la licorne symbolique tendait peu à peu vers le cheval, ne conservant parfois pas même une petite barbichette.
    La Renaissance a finalement adopté la blanche haquenée du cinéma actuel.

    La licorne californienne

    C’est ainsi que nous arrivons à la fille d’Hollywood, le cheval déguisé de Legend. L’imaginaire s’est formé un idéal-type, à la robe blanche, la silhouette équine, parfois encore les sabots fendus et la barbiche de chèvre, avec la corne spiralée comme la défense du narval ; les sabots sont plus souvent dorés ou argentés que blancs, tout comme la corne.
    Beagle est l’un des rares à s’être éloigné de cet archétype moderne en décrivant la dernière plus comme une biche ou une gazelle que comme un cheval.

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    Appendice 4 : Origines des légendes

    D’après la thèse de Bruno Faidutti

    Les débuts

    La licorne de l'imaginaire occidental est une création médiévale, bien qu'elle emprunte un peu au Physiologus grec et à L'Histoire Naturelle de Pline. En croyant "redécouvrir" la licorne dans les textes classiques, les auteurs médiévaux l'ont en fait inventée.

    Licorne médiévale

    Bien que les bestiaires fleurissent de licornes, celle-ci est absente des contes populaires de l'époque, où on trouve néanmoins fées, elfes et farfadets. Tout au plus peut-on voir un lien entre la bête unicorne et les biches blanches des traditions populaires.

    La vierge et la licorne

    Pour l'homme médiéval, toute créature était un signe de Dieu. La licorne, ou plutôt l'unicorne des bestiaires, était le symbole du Christ. Celle-ci, comme celui-là, se laissait prendre au piège (celui-ci sur la croix, celle-la par une femme). Il était normal, ainsi liés, que la femme de la licorne doive être vierge. C'est cet animal, succombant au charme des jeunes filles, que le Moyen-âge légua à la Renaissance.

    Ce récit de la chasse à la licorne est le plus ancien qui lui soit attaché. De plus, si on en croit le Physiologus, c'est une technique de chasse éprouvée et utilisée régulièrement dans le lointain pays où vit la licorne.

    La licorne et la fontaine

    Les propriétés de la corne de licorne ne sont reconnues qu'à partir du XIIIème siècle, dans un bestiaire. Une abbesse du XIIème siècle recommandait son foie et son cuir pour lutter contre la lèpre, mais ignorait tout de sa corne.

    La légende du XIIIème siècle indiquait que les animaux, avant de boire dans le lac, attendaient que la licorne y plonge sa corne afin de purifier l'eau de tout poison. Ce récit serait le rappel d'une légende biblique, selon laquelle Moïse aurait, de son bâton, purifié les eaux de la rivière Mara.
    Ce récit fut repris entre autres dans le Pantagruel de 1562.

    Chaque homme tue l'être qu'il aime

    Certains ont prétendu que le récit de la chasse à la licorne symbolisait le pouvoir de Dieu (la femme vierge) convertissant les Hommes violents et cruels (la licorne). Puis il a été rapporté que la jeune fille se devait sinon d'être nue, du moins de découvrir son sein afin d'attirer la licorne. Néanmoins, les tapisseries la représentent très souvent vêtue entièrement de riches vêtements, comme il convient à une figure de chasteté.
    Puis l'odeur de sainteté de la Vierge devint odeur de chasteté pour la pucelle, l'explication "scientifique" du pouvoir qu'aurait plus tard la licorne de différencier "fausse" et "vraie" vierge.
    Un poème précise que la licorne s'en vient baiser le sein de la jeune fille, et le doute persiste ensuite sur le sort de l'animal, tué ou prit vif.

    Puis, comme l'agneau était plus approprié pour symboliser la Passion du Christ (l'un des symboles de la chasse à la licorne), la licorne devint symbole de l'Annonciation.
    Ensuite, le chasseur réapparaît parfois, transperçant de sa lance de flanc de la licorne. Celle-ci est-elle l'Esprit, le Christ ? La scène se complique et semble symboliser également l'inceste.

    Autres scènes

    Au VIème siècle, un voyageur a rapporté que la licorne, tombant d'une falaise, atterrissait sur sa corne afin d'absorber le choc grâce à la dureté de celle-ci. Il a été plus tard répliqué que la licorne pouvait difficilement agir de la sorte, car comment retirerait-elle sa corne fichée dans le sol ?

    Le lion et la licorne

    Le Moyen-âge faisait grand cas des "ennemis" et "amis" naturels des bêtes. L'amie de la licorne semble avoir été la colombe et à la suite d'une confusion avec le rhinocéros, l'ennemi de la licorne a longtemps été l'éléphant. Ce n'est qu'à la fin du Moyen-âge qu'apparut le lion. Il a été rapporté que le lion prenait la licorne en l'incitant à foncer dans un arbre qui, prisonnière par sa corne, était ensuite égorgée ou éventrée.

    Plus tard, le couple licorne-lion est devenu le symbole du couple lune-soleil.

    Les démons et la licorne

    Même si la force de la licorne est souvent rappelée, elle est rarement associée au mal, excepté dans le monde italien et provençal de la fin du Moyen-âge. Elle apparaît entre autres dans la tentation de Saint Antoine. Cette créature irrésistiblement attirée par les jeunes vierges symbolise ici la luxure. Suite à cela apparurent les propriétés aphrodisiaques de la corne de licorne.
    L'image d'une licorne démoniaque fut renforcée par l'un des démons apparaissant dans L'Enfer de Dante, et qui possédait plusieurs têtes dont certaines unicornes.

    La licorne érotique

    Tout comme l'a remarqué finement Léonard de Vinci, il y a souvent dans le symbolisme, positif ou négatif, de la licorne une dimension érotique latente. Paradoxe pour une créature signifiant la chasteté !
    Dans les tapisseries de la Dame à la Licorne, pour la Vue et le Toucher, le geste de la licorne puis de la Dame (relever la robe et tenir la corne, respectivement) peut paraître ambigu...

    Notons les fresques du Château Saint-Ange à Rome, sur les murs et les plafonds de la salle du Persée, de nombreux couples jeune fille - licorne, où la connotation érotique est à la fois évidente et recherchée.

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    Appendice 5 : Différentes définitions

    Dictionnaire

    Une créature de contes symbolisant la virginité et habituellement représentée comme un cheval avec une unique corne droite spiralée sortant de son front.
    Héraldique : Une représentation de cette bête, avec le corps d’un cheval, les jambes d’un cerf, la queue d’un lion et une corne droite spiralée sortant de son front est spécialement employée comme support des Armoiries Royales de la Grande Bretagne ou de l’Écosse.
    Astronomie : La constellation du Monocéros.

    The American Heritage Dictionary of the English Language, 2004, Houghton Mifflin Company. Traduction par l’Humaine.

    Encyclopédie

    Licorne, équidé fabuleux avec une longue corne jaillissant du milieu de son front. Supposée naître en Inde, des témoignages venant du monde entier ont été reportés. Elle a souvent été considérée comme une créature composite, ayant des traits propres à différents animaux. La licorne est décrite comme un très bel animal, souvent d’une couleur blanc pur. Elle a été utilisée pour représenter la virginité, mais a aussi une signification religieuse liée à Jésus et la Sainte Vierge Marie. La chasse à la licorne a été un sujet de tapisseries lors du Haut Moyen-Âge et de la Renaissance.

    www.cc.columbia.edu/cu/cup/ Traduction par l’Humaine.

    Mythologie

    Un animal mythique ressemblant à un petit cheval avec une longue corne droite sortant de son front. Souvent elle a été décrite comme ayant les jambes d’un cerf et la queue d’un lion. Certaines sources clament qu’elle n’était visible qu’aux yeux des vierges.

    The New Dictionary of Cultural Literacy, 2002, Houghton Mifflin. Traduction par l’Humaine.

    Harry Potter Glossary

    Créature
    Les licornes sont de blancs chevaux cornus qui vivent dans la Forêt Interdite. Leur sang a des propriétés magiques qui peuvent garder les gens en vie, mais à un certain prix.

    Traduction par l’Humaine.

    Wikipedia en anglais

    La gentille et pensive vierge a le pouvoir d’apprivoiser la licorne, dans une fresque dans le Palazzo Farnese, Rome, probablement par Domenichino, 1602. « La licorne est la seule créature fabuleuse qui ne semble pas avoir été conçue par les peurs humaines. Même dans les références les plus anciennes elle est féroce mais pourtant gentille, altruiste mais solitaire, mais toujours mystérieusement belle. Elle ne pouvait être capture que de façon déloyale, et son unique corne était sensée neutraliser le poison. » - Marianna Mayer, The Unicorn and the Lake

    La licorne est une légendaire créature ayant l’apparence d’un cheval mais avec une seule – souvent spiralée – corne sortant de son front. Bien que l’image populaire de la licorne est celle d’un cheval si on excepte la corne, la licorne traditionnelle possède la barbe d’une chèvre, la queue d’un lion et des sabots fendus, ce qui la distingue d’un cheval.

    La quilin, une créature mythique chinoise, est parfois appelée « la licorne chinoise », mais n’est pas directement liée à la classique licorne occidentale, ayant le corps d’un cerf et la tête d’un lion.

    Les licornes dans la préhistoire

    La « licorne » de la grotte peinte de Lascaux, en France, est soi-disant un animal semblable à un cheval avec une corne émergeant de son front, bien qu’elle puisse être interprétée comme un animal à deux cornes. Il a été reporté (mais ce n’est pas confirmé) qu’il existe des peintures aborigènes à Lago Posadas (Cerro de los Indios) et sur le site de Namaqualand en Afrique du Sud. (http://www.strangeark.com/articles/unicorn.html)

    Les licornes dans l’Antiquité

    Si l’on se rapporte à l’interprétation se sceaux gravés d’un animal ressemblant à un taureau (et qui pourrait être en fait une sorte de taureau vu de profil), certains ont clamé que la licorne était un symbole commun pour la civilisation de la Vallée de l’Indus, qui apparaîtrait sur de nombreux sceaux. Il peut avoir symbolisé un groupe puissant.

    Un animal nommé re’em est mentionné à de nombreux endroits dans la Bible, souvent comme métaphore représentant la force : dans la traduction du Roi Jean (et dans d’autres traductions), ce mot a été traduit par « licorne », dans des phrases comme « Sa force est comme la force d’une licorne ». De nombreux érudits savent que ce mot se réfère actuellement à un aurochs, et que la traduction en « licorne » viendrait du fait que cet aurochs est souvent dépeint avec une seule corne visible dans l’art de l’ancienne Mésopotamie.

    La licorne n’apparaît pas dans la mythologie de la Grèce ancienne, mais dans l’histoire naturelle de la Grèce, car les auteurs grecs étaient convaincus de la réalité de la licorne, qu’ils plaçaient en Inde, un royaume distant et fabuleux à leurs yeux. L’Encyclopædia Britannica renferme des références classiques aux licornes : La plus ancienne description vient de Ctésias, qui décrit l’âne sauvage indique, aux pieds rapides, ayant sur le front une corne d’une coudée et demi de long, de couleur blanche, rouge et noire ; avec cette corne étaient faites des coupes à boire qui prévenaient de l’empoisonnement. Aristote a dû suivre Ctésias lorsqu’il mentionne deux animaux unicornes, l’oryx, une sorte d’antilope, et l’« âne indique » (dans Historia anim. ii. I et De part. anim. iii. 2). Au temps des Romains, L’Histoire Naturelle de Pline (viii: 30 et xl: 106) mentionne l’oryx et le buffle indien (peut-être le rhinocéros) comme étant des créatures unicornes, tout comme l’âne indique, « une très féroce bête, similaire pour le reste de son corps à un cheval, avec la tête d’un cerf, le pied d’un éléphant, la queue d’un sanglier, une profonde voix mugissante et une seule corne noire, de deux coudées de long, se tenant au milieu de son front. » Pline ajoute que « il ne peut être prit vivant ». Aelian (De natura. anim. iii. 41; iv. 52), citant Ctésias, ajoute qu’en Inde il est aussi un cheval unicorne, et dit (xvi. 20) que le « monocéros » est parfois appelé carcazonon, qui vient de l’arabe « carcadn », signifiant « rhinocéros ». Strabo (livre xv) dit qu’en Inde il y avait des chevaux unicornes ayant des têtes de cerfs.

    Licornes médiévales

    La licorne, qui ne peut être apprivoisée que par une femme vierge, s’est installée dans la tradition des bestiaires à l’époque où Marco Polo les décrit comme « à peine plus petite que des éléphants. Elles ont les poils d’un bison et des pieds d’éléphant. Elles ont une seule corne noire et épaisse au milieu du front… Elles ont la tête comme celle de sangliers sauvages… Elles passent leur temps à se vautrer dans la boue et la fange. Ce sont des brutes horribles à voir. Elles ne sont pas du tout comme nous les décrivons lorsque nous relatons qu’elles se laissent capturer par des vierges, mais tout à fait le contraire de ce que nous pensons. » Il est clair que Polo décrivait un rhinocéros. En Allemagne, depuis le 16ième siècle, le nom de licorne (« einhorn ») a été donné à plusieurs rhinocéros.

    De nombreuses personnes soutiennent à présent, en se basant sur les dires du zoologiste danois Ole Wurm, (http://www.occultopedia.com/u/unicorn.htm) que la majorité des cornes de « licorne » des temps médiévaux étaient des défenses de narval ; pourtant, les gens s’inquiétaient à propos de fausses cornes que l’on faisait passer pour des vraies, et des « tests » variés ont été développés, supposés permettre de différencier les fausses cornes des authentiques.

    Dans la croyance populaire, les cornes de licorne neutralisent le poison. Aussi les gens qui craignaient l’empoisonnement buvaient parfois dans des gobelets faits de « corne de licorne ». Des qualités aphrodisiaque présumées et d’autres vertus médicales augmentèrent le prix de produits dérivés de « licornes » comme le lait, le cuir et les abats. On disait aussi que les licornes étaient capables de déterminer si une femme était vierge ou non ; dans certains contes, elles ne pouvaient être chevauchées que par des vierges.

    La licorne servit aussi comme un symbole commun de l’indomptable fierté et pureté de Jésus.

    L’une des méthodes traditionnelles pour chasser les licornes impliquait la capture par une vierge. Une autre consistait à mettre la licorne en colère, s’enfuyant loin d’elle vers un arbre pendant qu’elle chargeait, et plongeant hors de son chemin juste devant l’arbre ; la licorne dans son élan heurtait l’arbre et s’assommait ou restait tout simplement prisonnière de l’arbre, la corne enfoncée dans le bois.

    Héraldique

    En héraldique, la licorne est dessinée comme un cheval avec la barbe et les sabots fendus d’une chèvre, la queue d’un lion, et une svelte corne spiralée sur son front.

    À cause de son association avec le Christ, la licorne était apparemment trop sacrée pour être utilisée dans l’ancienne héraldique, mais est devenue populaire à partir que quinzième siècle.

    C’est certainement dans les armoiries royales d’Écosse et du Royaume Unis qu’elle est la plus connue : deux licornes servent de support aux armes écossaises ; un lion et une licorne pour celles du Royaume Unis. Les armes de la Société des Apothicaires de Londres a deux licornes dorées comme support.

    Sources du mythe

    Bien que les licornes soient des créatures mythiques, de nombreux érudits se sont demandé si le mythe pouvait être lié à un animal réel.

    Une preuve présumée : un squelette

    Le squelette allemand d’une licorne a été « découvert » en 1663 à Einhornhöhle (« la grotte de la licorne ») dans les Montagnes de la Harz en Allemagne. Les communiqués indiquant que la licorne avait seulement deux pattes (et avait été construite d’après des os fossiles de mammouth et d’autres animaux) sont contredites ou expliquées par le fait que de nombreux chercheurs de souvenirs ont pillé le squelette ; ces comptes-rendus ont ensuite indiqué que, fait remarquable, les chasseurs de souvenirs laissèrent le crâne, avec la corne. Le squelette a été examiné par Leibniz, qui avait pendant un temps douté de l’existence de la licorne, mais qui depuis a été convaincu.

    Le baron Georges Cuvier a maintenu que si la licorne avait le sabot fendu elle devait avoir un crâne fendu (rendent impossible la croissance d’une corne unique), mais il a été réfuté par le Dr W. Franflin Dove, qui a artificiellement fusionné les cornes naissantes d’un veau, pour créer un taureau unicorne.

    P. T. Barnum a une fois exhibé un squelette de licorne, exposé comme étant un canular.

    Le rhinocéros

    Comme le rhinocéros est le seul animal terrestre à posséder une corne unique, il a été souvent supposé que le mythe de la licorne proviendrait de rencontres entre des Européens et un rhinocéros.

    Une autre suggestion est que le mythe de la licorne est basé sur un animal disparu parfois appelé la « licorne géante » mais que les scientifiques connaissent sous le nom d’Elasmotherium, un énorme rhinocéros d’Eurasie natif des steppes, la version plus sudiste du rhinocéros laineux de l’Âge de Glace de l’Europe. Elasmotherium n’avait pas du tout l’air d’un cheval, mais il portait une grande corne unique sur son front. Il semble avoir disparu à peu près en même temps que le reste de la mégafaune de l’âge glaciaire, mais il peut avoir survécu dans des temps historiques. Il est concevable que la licorne soit le souvenir culturel d’un animal chassé par nos lointains ancêtres.

    Même si l’Elasmotherium n’en est pas la source, les rhinocéros ordinaires peuvent avoir une certaine relation avec la licorne. Il a d’ailleurs été noté que le voyageur du 13ième siècle Marco Polo prétendait avoir vu des licornes à Java, mais sa description (citée plus haut) est clairement, aux yeux d’un lecteur moderne, celle d’un Rhinocéros de Java.

    Il est fort possible que le mythe entier de la licorne dérive du rhinocéros, mais cela n’explique pas pourquoi la licorne est vue comme un cheval ; de plus, il faut noter que les auteurs classiques semblent avoir distingué clairement les licornes et les rhinocéros.

    Une chèvre mutante

    Chez la chèvre domestique, une rare déformation des tissus producteurs peut joindre les cornes ensemble ; un tel animal peut avoir inspiré la légende.

    Le narval

    Des reliques ornées avec des cornes de licornes supposées peuvent êtres trouvées au dans des musées à Vienne et dans d’autres pays d’Europe centrale. En fait, ces cornes sont les défenses spiralées d’un cétacé arctique connu sous le nom de narval (Monoceros monocero). Elles ont sans doute été amenées en Europe centrale par les Vikings ou d’autres marins nordistes et vendus comme de vraies cornes de licornes.

    L’oryx

    L’oryx est une antilope avec deux longues, fines sortant de son front. Certains ont proposé que vues de profil à quelque distance, l’oryx ressemble à quelque chose comme un cheval avec une corne unique (bien que la « corne » soit dirigée vers l’arrière, pas vers l’avant comme chez la licorne classique.) Il est concevable que des personnes voyageant en Arabie puissent avoir dérivé le conte de la licorne de ces animaux. Pourtant, les auteurs classiques semblent faire la différence entre les oryx et les licornes.

    Fiction

    Les fictions fantaisistes modernes tendent à perpétuer la notion médiévale de la licorne comme étant une bête avec des qualités ou des pouvoirs magiques.

    Références

    Beer, Rüdiger Robert, Unicorn: Myth and Reality (1977). (Editions: ISBN 0884055833; ISBN 090406915X; ISBN 0442805837.)

    Encyclopaedia Britannica, 1911: "Unicorn"

    Gotfredsen, Lise, The Unicorn (1999). (Editions: ISBN 0789205955; ISBN 1860462677.) A richly illustrated cultural history.

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    La licorne dans toutes les langues

    Néerlandais : eenhoorn, eenhoornig
    Allemand : Einhorn
    Grec : μονόκερος (monokeros)
    Italien : unicorno
    Portugais : unicórnio
    Espagnol : unicornio
    Suédois : enhörning
    Arabe : ‏(الاسم) وحيد القرن‏ (= ?)

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    Appendice 6 : L'Invisible Licorne Rose

    D'après Wikipedia en anglais. Image trouvée sur le Net.

    L’Invisible Licorne Rose (ou IPU en anglais) est une satire religieuse. La plupart du temps, il s’agit d’une « déesse » apparaissant sous la forme d’une licorne à la fois rose et invisible…

    Bien entendu, il ne s’agit pas d’une véritable croyance mais plutôt d’une plaisanterie devenue populaire (dans le monde anglo-saxon…), particulièrement sur les sites athées où des discussions en ligne parodient les anciens débats religieux. Les professions de foi ont un but avant tout humoristique, illustrant le fait qu’il est difficile de réfuter des aveux de croyance en des phénomènes que les humains ne peuvent percevoir.
    La première référence écrite à l’IUP date d’entre 1990 et 1992, dans le groupe de discussion Usenet de alt.atheism. D’autres sources indiquent que l’IPU « nous a été révélée » sur alt.atheism. Mais il est probable que L’Invisible Licorne Rose a fait partie de la culture orale un peu avant les années 1990. Elle est devenue très importante principalement grâce à la culture Web : il y a à présent de nombreux sites, hors alt.atheism, dédiés à l’IPU.

    Voici une citation de la FAQ de alt.atheism qui résume l’utilité de L’Invisible Licorne Rose :
    La signification de cette stupidité est de rappeler aux théistes que leurs prêches sont aux yeux des athées aussi crédibles et sérieux que des athées parlant de l’IPU…

    En voici une autre, qui distille l’essence même de la parodie :
    L’Invisible Licorne Rose est un être d’un grand pouvoir spirituel. Nous le savons parce qu’elle est capable d’être rose et invisible en même temps. Comme dans toutes les religions, la Foi en L’Invisible Licorne Rose est basée sur la logique et la foi. Nous croyons qu’Elle est rose ; nous croyons logiquement qu’Elle est invisible parce que nous ne la voyons pas.

    Le logo représentant L’Invisible Licorne Rose est utilise pour représenter l’athéisme.

    Lorsque les gens discutent le L’Invisible Licorne Rose, un sujet qui revient souvent est qu’il est impossible de prouver son existante parce qu’elle est invisible. L’opposition de Ses deux attributs, « invisibilité » et « rosité », fait partie de la satire.
    D’autres débats parmi ceux qui la suivent sont à propos de Ses autres attributs : est-elle complètement invisible ou visible seulement aux yeux de ceux qui ont foi en elle ? Certains de ces débats sont très compliqués et tortueux, parodiant les disputes de nombreuses religions. Malgré cela, de nombreux accords ont été développés quant à Ses attributs, avec tout l’humour qui gagne généralement les plus grands consensus. Par exemple, elle a un faible pour le jambon et la pizza à l’ananas, bien que certains avancent que comme l’IPU est végétarienne, ce devrait être l’ananas et les champignons. Tout le monde est d’accord pour l’ananas, ainsi que son dédain pour le pepperoni. Autre chose encore : l’IPU « vole » les chaussettes, ce qui explique leur inexplicable tendance à disparaître. Les chaussettes volées dans les blanchisseries sont prétendument un « signe » en faveur de l’IPU – ou en défaveur, cela dépend de qui est interrogé, ou peut-être cela dépend de quelles chaussettes sont volées. Les sceptiques suggéreraient de regarder à l’intérieur du tambour de la machine afin de retrouver les chaussettes « enlevées ».

    Une autre image populaire de l’Invisible Licorne Rose est une licorne rose disparaissant, ou simplement rien. Des images « représentant » l’IPU montrent un lieu sans grand intérêt où l’Invisible a été « vue ». C’est bien entendu une partie de la plaisanterie. Le logo de L’Invisible Licorne Rose a été créé par les habitués de alt.atheism et adopté par les autres, et on peut acheter toutes sortes d’objets décorés de ce logo. Le logo est devenu une sorte d’emblème permettant aux athées de se reconnaître les uns les autres sans offenser les non athées.
    Le nom de L’Invisible Licorne Rose est souvent suivit dans les discours facétieux par des phrases comme « Bénis Soient Ses Saints Sabots » (Blessed Be Her Holy Hooves), « Paix Soit Avec Elle » (Peace Be Unto Her) ou « Puissent Ses Sabots Ne Jamais Être Ferrés » (May Her Hooves Never Be Shod) qui sont souvent abrégés respectivement bbhhh, pboh et mhhnbs. Ces épithètes ont peut-être pour but de parodier la pratique Islamique d’ajouter des épithètes au nom de Mahomet.


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    J'kaz !
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    Le Vendredi 27 Février 2009
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